01 Nantes à l'eau02 TER_Tous En Rang03 train de pneus

04 Cathédrale

05 Halle de gore

 

06 toutou ticket

07 Gare à vous

08 le train c'est le pied

09 le train est sur le quai_cours y vite

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Je suis un pendulaire. Pas comme la pendule de Brel qui dit oui, qui dit non et puis qui les attend (encore que sur ce dernier point…). En fait je prends le TER tous les matins et tous les soirs. L’appli m’indique le quai. J’y croise toujours les mêmes personnes et elles-mêmes me croisent tous les jours. Au début, on se regarde à peine, puis l’on se dit bonjour, puis un évènement nous donne l’occasion d’engager la conversation, puis l’on se tutoie puis on se marie et on a beaucoup d’enfants (non, là je m’égare !).

Tu retrouves la lycéenne qui se frise les cheveux (voir qui frise le ridicule), le trentenaire fan d’Héroic Fantaisy (pour sortir des rails de la vraie vie), la cadre qui retouche son tableau Excel des ventes du mois (dans lequel il excelle), la quinqua bobo avec sa trottinette électrique ( aux cheveux raides mais qui frise le ridicule aussi) ou le sénior qui fait son dernier voyage pendulaire avant la retraite (et que l’on enviera secrètement lundi matin, sur le quai, tôt, dans le froid et la nuit).

Je suis un pendulaire, j’ai mes tics et j’ai mes traques. En particulier retrouver « mon » siège qu’un inconnu, qui sûrement n’est pas au fait des usages de la tribu, m’a volé ce matin : la journée commence mal, pas de prise pour mon portable.

Et puis un jour j’arrêterai et je me dirai : je prends de l’air. Mais pour l’instant je suis un pan de l’air… du temps, celui de la mobilité.

Mais je vois que je suis trop long. Et je n’ai pas eu un mot à l’égard de Nantes. Pas grave : il y a les photos. On va quand même pas en faire une pendule ?

 

©Texte et photos Jean-Louis Bergey